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Rhésus négatif et grossesse : la prévention en pratique

Par Virginie Dauzats, sage-femme · 3 août 2026

Être Rhésus négatif enceinte demande un suivi simple et bien rôdé : injections d'anti-D (Rhophylac), recherche d'anticorps, et génotypage du bébé par une prise de sang. Ce qu'il faut savoir, sans inquiétude.

Être Rhésus négatif et enceinte n’a rien d’inquiétant : cela demande simplement un suivi bien rôdé, dont l’objectif est de protéger vos futures grossesses. Voici comment cela fonctionne, en toute simplicité.

Rhésus positif, Rhésus négatif : de quoi parle-t-on ?

Votre groupe sanguin comporte un « Rhésus », positif ou négatif. En France, environ 15 % des personnes sont Rhésus négatif. C’est une particularité banale — sauf dans une situation précise pendant la grossesse.

Le point d’attention

Si vous êtes Rhésus négatif et que le bébé est Rhésus positif (hérité du papa), un contact entre votre sang et le sien peut amener votre organisme à fabriquer des anticorps dirigés contre son groupe sanguin.

Point rassurant : la première grossesse est en général épargnée. Le risque concerne surtout les grossesses suivantes, où ces anticorps pourraient gêner le bébé. C’est précisément ce que la prévention permet d’éviter — et elle est très efficace.

La prévention : les immunoglobulines anti-D (Rhophylac)

On administre des immunoglobulines anti-D (Rhophylac), qui empêchent votre corps de fabriquer ces anticorps. Concrètement :

Le bon réflexe à retenir : en cas de saignement ou de choc sur le ventre, contactez-moi ou la maternité rapidement, pour que l’injection soit faite à temps si nécessaire.

Le suivi par prise de sang : les RAI

Tout au long de la grossesse, on surveille par des prises de sang appelées RAI (recherche d’agglutinines irrégulières), qui vérifient l’absence d’anticorps. Ce suivi est simple et fait partie des examens de grossesse.

Une avancée : connaître le Rhésus du bébé avant la naissance

Aujourd’hui, une simple prise de sang chez la maman permet de déterminer le Rhésus du bébé dès le début de la grossesse (le génotypage RHD fœtal). On analyse pour cela l’ADN du bébé présent dans votre sang.

Son intérêt : cibler la prévention. Si le bébé est lui aussi Rhésus négatif, les injections d’anti-D deviennent inutiles. Cet examen est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour les femmes Rhésus négatif.

Le rôle de la sage-femme

Je peux prescrire et réaliser l’ensemble de ce suivi : détermination du groupe sanguin, RAI aux bons moments, génotypage du bébé, et injections d’anti-D. Je vous informe aussi des repères à connaître (le rendez-vous de 28 semaines, la conduite à tenir en cas d’événement).

En pratique, il n’y a rien à redouter : c’est un suivi que nous connaissons bien et qui protège durablement. Cet article est un repère général ; votre situation se précise en consultation.

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