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Endométriose : avoir très mal pendant ses règles n'est pas normal

Par Virginie Lorenzo-Dauzats, sage-femme · 3 août 2026

L'endométriose touche environ une femme sur dix. Reconnaître les signes, comprendre le diagnostic et les traitements, et sortir de l'errance : des règles très douloureuses doivent alerter.

On l’entend encore trop souvent : « c’est normal d’avoir mal pendant ses règles ». Non. Des règles très douloureuses, qui résistent aux antalgiques et retentissent sur la vie quotidienne, ne sont pas une fatalité — elles doivent alerter. Elles peuvent être le signe d’une endométriose, une maladie fréquente et longtemps sous-diagnostiquée.

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie chronique et inflammatoire : du tissu semblable à la muqueuse de l’utérus (l’endomètre) se développe en dehors de l’utérus. Comme ce tissu réagit aux hormones du cycle, les symptômes sont souvent rythmés par les règles.

Elle concerne environ une femme sur dix en âge d’avoir des enfants. Ce n’est donc pas une maladie rare — juste une maladie encore trop souvent repérée tard.

Les signes qui doivent amener à consulter

Tous ces signes ne sont pas toujours présents, et leur intensité varie beaucoup d’une femme à l’autre. En parler, c’est déjà avancer.

Sortir de l’errance

En moyenne, il s’écoule plusieurs années entre les premiers symptômes et le diagnostic. C’est trop. Mettre des mots sur la douleur, la faire reconnaître, permet de soulager plus tôt et d’éviter que la maladie ne s’installe. C’est l’un des enjeux de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose.

Comment pose-t-on le diagnostic ?

La cœlioscopie (intervention chirurgicale) n’est plus systématique pour poser le diagnostic : dans la majorité des cas, l’écoute et l’imagerie suffisent.

Quels traitements ?

Il n’existe pas de traitement unique : la prise en charge est personnalisée et souvent pluridisciplinaire.

Avant et en complément des traitements médicaux, plusieurs mesures du quotidien aident à soulager la douleur et à mieux vivre avec la maladie — elles ne remplacent pas le suivi, mais l’accompagnent utilement :

Côté alimentation, il n’existe pas à ce jour de preuve qu’un régime particulier agisse sur la maladie ; certaines personnes trouvent néanmoins un mieux-être en ajustant la leur, sans en attendre un effet garanti.

Sur le plan médical, la prise en charge peut associer :

Le rôle de la sage-femme

Dans le cadre du suivi gynécologique de prévention, je suis souvent l’une des premières professionnelles à qui l’on confie ces douleurs. Mon rôle : écouter, repérer, orienter rapidement vers un spécialiste ou une filière dédiée, et accompagner le suivi et la contraception.

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, parlons-en : mettre un nom sur ce que vous ressentez est déjà un soulagement. Cet article est un repère général et ne remplace pas une consultation.

Sources : Haute Autorité de santé (HAS) — recommandations sur la prise en charge de l’endométriose et actualisation de la place des examens d’imagerie ; CNGOF ; association EndoFrance.

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