Chlamydia, gonocoque, syphilis, herpès, VIH, hépatite B… Les infections sexuellement transmissibles sont souvent sans symptôme. Panorama simple, dépistage facile d'accès et prévention.
Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont fréquentes — et en augmentation ces dernières années, notamment chez les jeunes. La bonne nouvelle : elles se dépistent facilement et, pour la plupart, se soignent bien. Le point important à retenir tient en une phrase : on peut être porteur d’une IST sans le moindre symptôme. C’est pourquoi le dépistage régulier est la meilleure des protections.
Les principales IST
- Chlamydia — la plus fréquente, surtout chez les 15-25 ans. Très souvent sans symptôme. Non traitée, elle peut atteindre les trompes et retentir sur la fertilité. Se soigne par antibiotique.
- Gonococcie (gonorrhée) — en nette hausse. Peut passer inaperçue, surtout chez la femme. Se traite par antibiotique.
- Syphilis — évolue par étapes, avec des signes discrets et passagers. Son dépistage est systématique pendant la grossesse. Se soigne bien, surtout prise tôt.
- Herpès génital — très répandu ; le virus reste dans l’organisme et peut donner des poussées. On ne l’élimine pas définitivement, mais un traitement calme les poussées et réduit la transmission.
- VIH — l’épidémie est stable en France. Une personne traitée, dont le virus est indétectable, ne transmet plus le VIH.
- Hépatite B — se transmet aussi lors des rapports ; elle est évitable grâce à une vaccination très efficace.
- Plus rarement évoqués : trichomonas, mycoplasme — le plus souvent bénins, à traiter selon les symptômes.
Le fil rouge : souvent aucun symptôme
C’est le message le plus important. Beaucoup de ces infections sont silencieuses : pas de douleur, pas de signe visible. On peut donc la transmettre sans le savoir. Se dépister régulièrement, surtout en cas de nouveau partenaire ou de rapport non protégé, est le seul moyen de savoir.
Se dépister, c’est simple et souvent gratuit
- « Mon test IST » : depuis 2024, on peut se faire dépister en laboratoire, sans ordonnance ni rendez-vous, pour cinq IST (VIH, hépatite B, syphilis, chlamydia, gonocoque). C’est gratuit et sans avance de frais pour les moins de 26 ans.
- Depuis 2025, les 18-25 ans peuvent aussi commander gratuitement un kit d’autoprélèvement à domicile (chlamydia et gonocoque).
- Les CeGIDD (centres gratuits de dépistage) accueillent tout le monde, gratuitement et, si on le souhaite, de façon anonyme.
- Des autotests VIH sont disponibles en pharmacie.
Se protéger
- Le préservatif (interne ou externe) protège de la plupart des IST — à garder comme réflexe, surtout en début de relation.
- La vaccination protège durablement contre deux d’entre elles : les papillomavirus (HPV) et l’hépatite B. (Voir notre article dédié à la vaccination HPV.)
- Le dépistage régulier et le fait de prévenir son ou sa partenaire en cas d’infection complètent la protection.
Le rôle de la sage-femme
Les compétences des sages-femmes se sont élargies. Je peux, dans le cadre du suivi gynécologique :
- prescrire un dépistage des IST ;
- dépister et traiter certaines d’entre elles (chlamydia, gonocoque, trichomonas, herpès), pour vous et, quand c’est utile, votre partenaire ;
- vous orienter vers un médecin lorsque la situation le demande.
Parler de sa santé sexuelle n’a rien de gênant : c’est un sujet de santé comme un autre, et nous pouvons l’aborder simplement en consultation. Cet article est un repère général et ne remplace pas un avis personnalisé.