Le vaccin Gardasil 9 protège filles et garçons contre plusieurs cancers liés aux papillomavirus. Âges, schéma, rattrapage désormais ouvert jusqu'à 26 ans, et pourquoi il ne remplace pas le dépistage.
Les papillomavirus humains (HPV) sont des virus très courants, qui se transmettent lors des contacts intimes. La plupart du temps, l’organisme les élimine seul — mais certains peuvent, des années plus tard, provoquer des cancers. La vaccination protège contre ces virus, et elle est d’autant plus efficace qu’elle est faite tôt, avant les premiers rapports. Voici les repères actuels, en toute simplicité.
Ce que le vaccin prévient
En France, un seul vaccin est utilisé : le Gardasil 9, qui couvre neuf types de papillomavirus. Il prévient :
- le cancer du col de l’utérus (près de 3 000 nouveaux cas par an) ;
- les cancers de l’anus, de la vulve et du vagin ;
- les cancers de la gorge (ORL) ;
- les verrues génitales (condylomes).
Au total, les papillomavirus sont responsables d’environ 6 400 cancers par an en France, chez les femmes comme chez les hommes. C’est pourquoi le vaccin concerne les deux sexes.
À quel âge, et selon quel schéma
- Filles et garçons de 11 à 14 ans révolus : deux doses (la seconde environ 5 mois après la première). C’est l’âge idéal : la protection contre les virus couverts est alors proche de 100 %.
- Rattrapage de 15 à 26 ans révolus : trois doses.
La vaccination peut être proposée dès 11 ans, en même temps que le rappel diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite.
Une nouveauté importante : le rattrapage ouvert jusqu’à 26 ans
Depuis 2025, les recommandations ont évolué. Le rattrapage est désormais recommandé pour toutes les jeunes femmes et tous les jeunes hommes jusqu’à 26 ans révolus, quelle que soit leur orientation sexuelle. Auparavant, il s’arrêtait à 19 ans pour la population générale. Le Gardasil 9 est pris en charge par l’Assurance Maladie dans ce cadre.
Si vous ou votre adolescent(e) n’êtes pas à jour, il n’est donc pas trop tard : parlons-en en consultation.
La vaccination au collège
Depuis la rentrée 2023, une campagne de vaccination gratuite est proposée en classe de 5e, directement au collège, pour les élèves dont les parents le souhaitent. Elle est désormais souvent couplée à la vaccination contre les méningocoques, en une seule séance. C’est une occasion simple de protéger les enfants au bon âge.
Le vaccin ne remplace pas le dépistage
C’est un point essentiel : même vaccinée, une femme doit continuer le dépistage du cancer du col de l’utérus. Le vaccin prévient environ neuf cancers du col sur dix, mais pas la totalité.
Le dépistage est recommandé à partir de 25 ans : d’abord par frottis, puis, à partir de 30 ans, par un test HPV espacé de plusieurs années. Vaccination et dépistage sont complémentaires — l’un ne dispense pas de l’autre.
Un vaccin bien connu
Le Gardasil 9 bénéficie d’un long recul : plus de 300 millions de doses ont été administrées dans le monde. La surveillance française (ANSM) n’a pas identifié de problème de sécurité particulier. Les effets indésirables sont le plus souvent bénins (rougeur ou douleur au point d’injection, parfois un peu de fièvre).
En pratique
- Je peux prescrire et réaliser le vaccin HPV, pour les jeunes filles comme pour les jeunes garçons, et jusqu’à 26 ans.
- Nous vérifions ensemble où vous en êtes et, si besoin, nous organisons le rattrapage.
- N’hésitez pas à m’en parler lors d’une consultation de suivi ou de contraception.
Ce repère général ne remplace pas un avis personnalisé : chaque situation se discute en consultation.